Cameo Nancy

Ciné-Club
La mort aux trousses
jeudi 15 octobre 2026 à 20:00

La mort aux trousses

Séance suivie du ciné-club du Caméo animé par François Bouvier

Il y a des films que l’on connaît avant même de les avoir vus. Un homme seul au milieu d’une route déserte, un avion qui surgit dans le ciel, Cary Grant courant pour sauver sa peau, les visages sculptés du Mont Rushmore transformés en décor de suspense… La Mort aux trousses appartient à cette poignée de films dont les images ont traversé l’histoire du cinéma.

Réalisé en 1959, le film voit Alfred Hitchcock porter à une forme d’accomplissement tout ce qui traverse son œuvre : le motif du faux coupable, l’homme ordinaire brusquement projeté dans une situation qui le dépasse, le jeu des apparences, le désir, la culpabilité, la manipulation et ce fameux « MacGuffin » dont l’importance pour le spectateur compte finalement moins que le mouvement qu’il imprime au récit.

Cary Grant y incarne Roger Thornhill, publicitaire new-yorkais que des espions prennent par erreur pour un mystérieux agent nommé George Kaplan. Dès lors, le monde entier semble se retourner contre lui. Commence une fuite à travers l’Amérique, de New York à Chicago jusqu’au Mont Rushmore, durant laquelle Hitchcock transforme gares, trains, hôtels, routes, champs et monuments en gigantesque terrain de jeu cinématographique.

Mais La Mort aux trousses est beaucoup plus qu’un modèle de film d’espionnage. C’est une œuvre où Hitchcock ne cesse de rappeler que le cinéma est d’abord affaire de regard, d’espace et de mouvement. La célèbre séquence de l’avion en est probablement l’exemple le plus éclatant : presque aucun dialogue, un paysage vide, quelques voitures au loin, un homme qui attend… et, à partir de presque rien, une tension devenue légendaire. Une véritable leçon de mise en scène.

Face à Cary Grant, Eva Marie Saint incarne l’une des héroïnes hitchcockiennes les plus fascinantes : élégante, mystérieuse, insaisissable. Entre eux, Hitchcock fait circuler un désir permanent, notamment dans les scènes du train, où le dialogue amoureux et le suspense deviennent pratiquement indissociables.

Et puis il y a tout ce qui fait de La Mort aux trousses un objet de cinéma total : le scénario d’Ernest Lehman, la photographie de Robert Burks, le générique devenu mythique de Saul Bass, et bien sûr la musique de Bernard Herrmann, dont l’ouverture donne immédiatement au film son énergie vertigineuse.

Drôle, sensuel, élégant, spectaculaire, parfois presque abstrait, La Mort aux trousses possède cette qualité rare des très grands films hollywoodiens : cacher une sophistication extraordinaire derrière l’évidence du plaisir.

Plus de soixante-cinq ans après sa réalisation, la mécanique fonctionne toujours avec une précision insolente. Et c’est peut-être sur grand écran que l’on mesure le mieux à quel point Hitchcock ne se contentait pas de raconter des histoires : il pensait chaque cadre, chaque déplacement, chaque regard comme du cinéma pur.

Réservation
Cet évènement a lieu dans ces cinémas : Cameo Commanderie
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