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Entretien avec Nassim Lyes, acteur 

16ans2On vous a découvert dans des comédies, un genre que vous affectionnez. Comment êtes-vous arrivé sur le film de Philippe Lioret ? 

J’adore la comédie mais j’aime aussi m’investir dans d’autres registres, me fixer de nouveaux challenges. Le film de Philippe en était un. J’ai passé le casting, conscient qu’il cherchait un garçon un peu plus jeune, et ma première chance a été d’avoir le permis moto, car Tarek conduit un scooter Tmax qui a beaucoup d’importance dans l’histoire. Le temps a passé, je n’y croyais plus trop, et un jour Philippe m’a appelé personnellement : il avait vu et revu tous les essais du casting et il voulait qu’on fasse une séance de travail.

Connaissiez-vous ses films ? 

Oui. JE VAIS BIEN, NE T’EN FAIS PAS, notamment, a une place très importante pour moi. Je l’ai vu avec ma mère, qui compte beaucoup dans ma vie. Je nous revois pleurant à chaudes larmes devant le film tellement nous étions émus. Plus tard, j’ai été enthousiasmé par WELCOME. C’était vraiment un honneur pour moi d’être retenu sur 16 ANS. 

Quelle a été votre réaction en découvrant le scénario ? 

J’ai été cueilli. C’était comme une tragédie grecque, mais réaliste et contemporaine. Je sais que des centaines de jeunes vivent aujourd’hui ce que montre le film. Des cen- taines de Roméo et Juliette empêchés de s’aimer à cause d’une méprise, d’une petite phrase mal perçue, avec l’ef- fet papillon désastreux qui s’ensuit. 

Comment définiriez-vous votre personnage ? 

Il est arabe et il vient de la cité : pour le chef de rayon de l’hypermarché qui l’emploie, il est le coupable idéal du vol de la bouteille. Et, comme il est en CDD, on le vire aus- sitôt et il devient la première victime du film. En perdant son travail, vis-à-vis de sa famille, il perd son statut et la considération qui va avec. Alors, il essaie de se trouver une autre place en revendiquant son rôle de grand frère protecteur, mais c’est un prétexte. En fait, il fait payer à sa sœur ce que le père de Léo lui a fait subir, il fait un transfert. Et lui aussi est entraîné dans la spirale. On peut être tenté de le prendre pour un salaud, mais c’est une victime ; d’abord des préjugés, puis de la culpabilité qu’il portera longtemps à cause de ce qui arrive. Beaucoup de garçons comme lui peuvent avoir ce genre de réaction après avoir subi ce qu’il a subi : nourrir d’abord de la haine, puis des traumatismes irréparables. C’est en cela aussi que le scé- nario de Philippe est subtil. 

Parlez-nous de votre travail avec lui ? 

On a beaucoup répété - chez lui et dans certains décors extérieurs - et ça a été une expérience intense. Moi qui n’ai jamais fait d’école, durant un mois, j’ai eu le sentiment de faire l’école Lioret. Par exemple, aucun mot n’est là par hasard, et s’il y a des points de suspension, ils sont là pour quelque chose, il faut les jouer – chez lui, les silences en disent d’ailleurs souvent plus long que les mots. En ce qui concerne la justesse d’une phrase ou d’une situation, il a une oreille diabolique – son passé d’ingénieur du son peut-être. Du coup, il m’a fait énormément progresser et je l’ai vérifié dans les films que j’ai tournés après. J’ai aussi vu Sabrina, qui joue Nora, ma sœur, évoluer et se transcender au fil des jours, et pareil pour Teïlo qui joue Léo. Ces deux acteurs, je les ai vus éclore. 

(Dossier de presse) 

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