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modeleafficheZéro de conduite

de Jean Vigo avec Louis de Gonzague, Raphaël Diligent, Jean Dasté... 0h50

C'est la rentrée scolaire dans un collège de province. La vie reprend avec les chahuts au dortoir, les punitions traditionnelles, les récréations, les études houleuses et les conflits avec l'administration. Un soir, les pensionnaires décident de se libérer de l'autorité des adultes et déclenchent une révolte. Une œuvre impertinence et iconoclaste, la plus autobiographique de Jean Vigo.

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A propos de Jean Vigo

Moins de deux cents minutes : c’est la durée de l’œuvre de cinéma intégrale de Jean Vigo, mort à 29 ans le 5 octobre 1934. La fulgurance de la trajectoire de ce fi ls d’anarchiste – Miguel Almereyda, photographe et journaliste militant « suicidé » en prison en 1917 – a transformé ses quatre fi lms en un viatique indispensable pour la génération de la Nouvelle Vague. La surprise est qu’une fois restaurée et rendue au grand écran, cette œuvre nous apparaisse aussi vivace, aussi liée à notre présent, presque cent ans après avoir été tournée. C’est qu’elle est juvénile à plusieurs titres : À propos de Nice, le documentaire de 1930 qui brosse un portrait insolent de la Côte d’Azur, est présenté au Vieux-Colombier par le cinéaste comme un pas vers vers un « cinéma social » qui pourrait « éveiller d’autres échos que les rots de ces messieurs-dames, qui viennent au cinéma pour digérer ». En compagnie de son génial opérateur Boris Kaufman, frère du réalisateur et théoricien du Ciné-Oeil Dziga Vertov (L’Homme à la caméra), Jean Vigo n’aura de cesse, dès lors, de ruer dans les brancards, bousculant autant les amateurs d’art pour l’art (ou de technique pour la technique) que le paresseux penchant au théâtre fi lmé du cinéma nouvellement parlant. Juvéniles encore, les éblouissantes séquences aquatiques de la bande d’actualités Taris ou la natation (1931) plongent avec le champion de vingt ans dans des eaux qui nourriront les audaces formelles de L’Atalante (1934). Zéro de conduite (1933) extirpe les personnages d’enfants et d’adolescents de toute niaiserie paternaliste pour restituer leur énergie insurrectionnelle. Le caractère intraitable des sales gosses d’inspiration autobiographique se communique à la mise en scène toute entière. Si L’Atalante, longtemps chéri par des générations de spectateurs de ciné-clubs, semble un condensé des meilleurs fi lms qui l’ont précédé, de Chaplin à Renoir, c’est sans doute parce que comme l’a noté François Truffaut, « on y trouve, réconciliées, les deux grandes tendances du cinéma, le réalisme et l’esthétisme ». Même ce fi lm de la maturité de Vigo porte la marque de la jeunesse : un couple y naît, y fait son départ dans la vie maritale. Vigueur de ce cinéma qui embarque son spectateur et l’emporte comme le courant, érotique, lyrique et drolatique – toujours en mouvement.

Charlotte Garson (rédactrice en chef adjoite aux Caheir du Cinéma)