Le style visuel

darkwatersafficheabandeannonce2Le tournage de DARK WATERS a commencé à Cincinnati, dans l'Ohio, en janvier 2019, mais très en amont, Haynes et ses producteurs ont réuni une formidable équipe pour raconter le combat de Rob Bilott avec la plus grande exactitude possible. C'est ainsi que Rob et Sarah Barlage Bilott étaient présents sur le plateau pendant le tournage. 

"Todd s'est largement inspiré des témoignages du drame et des faits et s'en est servi pour nourrir la fiction", déclare Pamela Koffler. "Il part de cette réalité et y intègre son point de vue de cinéaste. Il interrogeait sans cesse Rob : 'Comment preniezvous des notes ? Comment vous y preniez-vous pour remplir les cartons ? Comment avez-vous réuni toutes ces informations ?' Toutes ses petites habitudes, son tremblement de la main, le type de repas qu'il prenait le soir en famille – tout ce qui révèle la culture de l'entreprise et les traditions familiales – ont nourri l'intrigue. C'est alors que l'ensemble des chefs de poste peuvent réunir ces éléments dans le cadre d'un long métrage et raconter une histoire, en partant de ce qui s'est vraiment passé".

Christine Vachon ajoute : "Je travaille avec Todd depuis plus de trente LE STYLE VISUEL ans. Il apporte un soin incroyable à la composition du plan et le moindre élément – un accessoire, un mouvement de caméra, un costume, une coupe de cheveux – nourrit l'histoire qu'il raconte. Aucun détail n'est laissé au hasard. Et le plus exaltant, c'est qu'il n'avait jamais fait un film pareil. C'était formidable de le voir s'attaquer à un genre qu'il adore mais qu'il n'avait pas eu l'occasion d'explorer… et il s'y prend en donnant un vrai style visuel au film et en y imprimant un rythme nerveux". 

Christine Vachon ajoute : "Je travaille avec Todd depuis plus de trente ans. Il apporte un soin incroyable à la composition du plan et le moindre élément – un accessoire, un mouvement de caméra, un costume, une coupe de cheveux – nourrit l'histoire qu'il raconte. Aucun détail n'est laissé au hasard. Et le plus exaltant, c'est qu'il n'avait jamais fait un film pareil. C'était formidable de le voir s'attaquer à un genre qu'il adore mais qu'il n'avait pas eu l'occasion d'explorer… et il s'y prend en donnant un vrai style visuel au film et en y imprimant un rythme nerveux". 

Pour DARK WATERS, le réalisateur a poursuivi sa collaboration avec le chef-opérateur Edward Lachman qui a débuté avec LOIN DU PARADIS en 2002. Le directeur de la photo a d'ailleurs été cité à l'Oscar pour ce film et CAROL en 2015. "Ed est un perfectionniste", relève le cinéaste. "Ed est un artiste. Il s'engage à fond dans ce qu'il fait et prête attention au moindre détail comme personne".

Haynes a également sollicité la chefdécoratrice Hannah Beachler. Si elle n'avait jamais collaboré avec Haynes, son histoire familiale n'est pas sans lien avec le sujet du film. En effet, elle a grandi à Centerville, dans l'Ohio, et a fréquenté les universités de Cincinnati et Dayton. 

"J'ai grandi à la campagne et je connais bien l'atmosphère des petites villes", dit-elle. "Mon père était architecte et nous avons vécu en pleine cambrousse. Mes voisins étaient agriculteurs et les enfants de ma sœur sont eux-mêmes agriculteurs. Je connais ce style de vie. Rob doit se battre pour défendre sa position dans ce type de contexte social. Ça m'a fascinée". 

Très en amont, elle a rencontré les véritables protagonistes de l'affaire et s'est rendue sur les lieux aperçus dans DARK WATERS pour contribuer à l'authenticité du film. "On est d'abord allés dans l'exploitation des Tennant à Parkersburg et on y a rencontré Jim Tennant", dit-elle. "Il nous a emmenés sur son tracteur et nous a parlé de ses terres. On a besoin de s'entourer de ces gens et de s'imprégner de ces lieux autant que possible pour bien cerner l'atmosphère dans laquelle évoluent nos personnages et les détails de leur quotidien. On n'a pas cherché à reproduire leur mode de vie – on s'imprègne de l'essentiel pour une œuvre de fiction. C'était un aspect majeur du film. Et puis, on voulait savoir comment chacune de ces familles a bâti son propre foyer – les Tennant, les Bilott, les Kiger. Ce qui comptait vraiment à leurs yeux se retrouve dans nos décors". 

Même si le film se déroule dans un passé récent, la chef-décoratrice a dû entreprendre des recherches. "L'action est située à la fin des années 90 et au début de la décennie suivante", précise Hannah Beachler. "C'est une époque profondément ambigüe dont on se souvient vaguement mais qu'on a aussi oubliée. Quels portables avait-on dans ces années-là ? À quoi ressemblaient les téléviseurs ? Qu'est-ce qu'on trouvait sur les bureaux des avocats ? Ce qui est significatif, c'est que Taft, comme d'autres gros cabinets, commençait à vouloir se vendre en faisant de la pub pour ses prestations. Du coup, ils changeaient de culture d'entreprise. Les recherches ont joué un rôle non négligeable dans le style visuel du film". 

Après avoir tourné CAROL à Cincinnati, Todd Haynes était heureux d'y revenir – d'ailleurs, à ses yeux, c'était fondamental pour raconter l'histoire de Bilott avec réalisme : "C'est une ville que j'adore", témoigne le cinéaste. "DARK WATERS est le premier projet, à ma connaissance, qui soit vraiment ancré dans la réalité de Cincinnati et dont l'intrigue se déroule dans un passé plutôt récent. C'est ce qui nous a permis de mettre en valeur la ville sans avoir à gommer certains détails qui auraient pu être anachroniques. Elle nous a offert une vraie singularité et une extraordinaire pluralité de sites". 

Hannah Beachler était particulièrement séduite par les bureaux de Taft, situés en plein cœur du quartier d'affaires de Cincinnati. "C'est non seulement galvanisant de tourner sur les lieux mêmes de l'action, mais en plus, ces bureaux sont magnifiques", dit-elle. "Le plan d'ensemble, avec ses angles et ses recoins dans les couloirs, a ouvert le champ des possibles en matière de cadrage. C'était en parfaite adéquation avec le style de narration propre à Todd". Plusieurs espaces du cabinet ont été utilisés, comme le bureau de Tom Terp, la salle de conférence, l'accueil, la salle de repos et les couloirs sinueux. 

Une exploitation agricole de Colerain Township, à proximité de Cincinnati, a été choisie pour camper celle des Tennant, tandis que la petite ville voisine de Hamilton a été utilisée pour l'artère principale de Parkersburg, ses maisons et ses églises. De son côté, c'est une propriété de Hamilton County, aménagée pour avoir l'air d'appartenir à la fin des années 90, qui abrite la maison des Bilott. Pour les auteurs du film, les domaines de ces deux familles ont beaucoup en commun. "On voulait vraiment que les maisons se répondent", indique Hannah Beachler. "Pour Todd, il ne fallait pas séparer ces familles. On s'attache souvent aux différences entre les gens en fonction de leur classe sociale, mais on tenait à mettre en avant l'humanité qui les caractérise tous". 

C'est dans le même esprit que Christopher Peterson, assistant costumier sur CAROL, a conçu les costumes du film. "On était pleinement conscients des différents univers traversés par cette histoire", indiquet-il. "Très en amont, on aperçoit Wilbur et Jim Tennant en tenues de travail en train d'attendre dans le hall d'accueil de ce cabinet d'avocat de Cincinnati. Taft est l'incarnation même du monde des affaires. C'est un espace froid, sombre, ordonné. On remarque peutêtre une cravate qui tranche, mais les costumes sont tous identiques. Par la suite, Rob, en pardessus et costume, sort de sa voiture à Parkersburg. Les contrastes sont saisissants : Parkersburg est un univers beaucoup plus riche visuellement. Les gens portent des tissus écossais, des jeans, des tenues de travail etc. car ils ne font pas autant attention à leurs vêtements que dans la grande ville". 

"Todd nous a demandé de faire en sorte que ces deux univers se distinguent visuellement", poursuit Peterson. "Par la suite, on prend conscience de la dimension héroïque de ces hommes car ils ont osé s'aventurer hors de leur monde".

Au cours d'un premier rendez-vous avec Mark Ruffalo, Peterson s'est vu remettre ce qui allait se révéler déterminant pour concevoir les tenues de la famille Bilott : quelques clichés de Rob, Sarah et de leurs enfants. C'est ainsi qu'il a découvert de nombreux albums photo, méticuleusement confectionnés par Rob au fil des années avec le même soin qu'il avait mis à éplucher les archives internes de DuPont sur plusieurs décennies.

"J'avais sous les yeux chacune des années évoquées dans le film – de 1998 à 2013", se remémore Peterson. "Mois après mois, je pouvais retracer toute la chronologie". Peterson a également passé une soirée chez les Bilott à feuilleter les albums photos et à poser des questions précises. À un moment donné, Sarah a fait remarquer que la plupart des vêtements qu'on voyait sur les photos étaient encore rangés dans les placards à l'étage. "J'ai commencé à observer ses vêtements et Sarah m'a demandé si je voulais les emmener avec moi. J'ai vérifié la taille et c'était la même que celle d'Anne". 

Outre l'exigence de réalisme, les tenues vestimentaires devaient être discrètes. "Ces vêtements doivent véhiculer un message", affirme le chef-costumier. "Trop de fioritures auraient nui au propos du film". 

En effet, ce projet dépasse le simple cadre cinématographique : il se donne pour mission de passer au crible les pratiques illégales des entreprises et de saluer le courage d'un homme qui a risqué sa vie pour dénoncer ces délits. "Ce film est d'une grande complexité et on souhaite, bien évidemment, que le spectateur ressorte de la projection en se disant que la photo, les décors, la mise en scène et le jeu des comédiens sont formidables", conclut Christine Vachon. "Mais on aimerait aussi qu'il adopte un nouveau point de vue sur l'impact de ces pratiques sur nos modes de vie et sur la réaction du pays".

(Dossier de presse)


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