En quête de vérité : des témoignages éclairants

darkwatersafficheabandeannonce2En s'attaquant à une histoire vraie, les auteurs de DARK WATERS étaient parfaitement conscients qu'il allait être difficile de réaliser un film captivant à partir d'une affaire qui s'est déroulée sur plusieurs décennies. Pamela Koffler remarque : "Dans un long métrage, on ne peut pas représenter tous les personnages à l'écran. Et on ne peut pas non plus évoquer le moindre rebondissement de l'affaire. On a donc dû éliminer certains faits et se permettre quelques licences poétiques. Cela dit, il y a eu des coups de théâtre improbables dans cette affaire qu'on a pu représenter tels qu'ils se sont produits".

Plusieurs des parties prenantes à l'affaire, à commencer par Rob Bilott, ont été disposés à aider la production : ils ont ainsi collaboré avec les comédiens qui les campent à l'écran pour assurer la plus grande authenticité aux scènes. En fréquentant Bilott, Mark Ruffalo a découvert l'un des traits de caractère les plus saillants de son personnage : "Rob ne cherche jamais à tirer la couverture à lui", note le comédien. "Il la joue toujours collectif. Il s'appuie constamment sur les faits et ne laisse jamais l'émotion prendre le dessus. Il ne se contente jamais de suppositions". 

Anne Hathaway a été frappée par la manière dont Bilott et sa femme Sarah sont complémentaires. "Ils forment une bonne équipe", dit-elle. "Sarah est très sociable, vive et ouverte sur les autres, tandis que Rob est plutôt du genre stoïque et discret. Je me suis demandée comment ils ont pu s'en sortir malgré leurs différences, mais ils ont des valeurs communes. À leurs yeux, c'est important de bien se comporter et d'être au service des autres et je ne pense pas qu'ils se considèrent comme étant à part. Je n'en revenais pas de voir à quel point ils étaient humbles et avaient les pieds sur terre. C'était formidable de camper ce couple". 

Avant le début du tournage, Tim Robbins a contacté Thomas Terp pour s'entretenir avec lui. "Quand on joue un personnage réel, on doit se montrer à la hauteur", déclare Robbins. "Il ne s'agit pas d'en faire un être exceptionnel mais de lui apporter une humanité et une certaine fragilité. Ça ne sert à rien d'en faire un saint ou une ordure finie. S'agissant de Tom Terp, c'était un peu compliqué. Ce n'était pas un chevalier blanc. Il s'est retrouvé confronté à un incontestable délit et il a décidé d'aller à l'encontre de la culture de son entreprise et de faire endosser la responsabilité à DuPont, ce qui n'était pas facile".

De son côté, Bill Camp s'est appuyé sur six heures d'enregistrement de dépositions et sur des conversations entre Bilott et Jim Tennant, frère de Wilbur, pour s'approprier son personnage. "Dans ses dépositions, il est posé, calme et ne se montre ni nerveux ni découragé par la présence des avocats", précise Camp. "Visionner ces images m'a considérablement aidé pour cerner son énergie, mais ce qui s'est révélé encore plus précieux, c'étaient les vidéos que Wilbur a tournées luimême pour bien montrer les dégâts survenus dans son exploitation, les cadavres des cerfs, les poissons en décomposition, les génisses à l'agonie – c'était à la fois atroce et bouleversant". 

"Quand on entend sa voix qui commente les images qu'il a filmées, sa fougue, au-delà de ses opinions, se fait sentir", poursuit Camp. "Il ne ressemblait pas à l'homme que m'avaient décrit ses proches – un type drôle et discret. Je découvrais désormais un homme impétueux dont la voix déterminée laissait entendre qu'il était en colère et qu'il considérait que quelqu'un devait payer l'addition. Filmé dans son exploitation, il semble dynamique, motivé, et il peste contre les injustices – et c'est cette colère qui lui permettait d'aller de l'avant. À mes yeux, c'était l'élément crucial pour bien le comprendre".

Si Victor Garber campe un certain Phil Donnelly, il s'agit d'un patronyme inventé pour les besoins du film. Pour autant, l'acteur s'est entretenu avec celui dont s'inspire son personnage. "Je lui ai surtout parlé de ses rapports avec Rob Bilott qui avaient une grande importance", dit-il. "J'ai souvent joué des personnages réels et il faut le faire avec sincérité, sans chercher à savoir s'ils se sont bien ou mal comportés. Au bout du compte, il s'agit de camper un être de chair et de sang, qu'on s'inspire de la réalité ou pas".

Harry Deitzler était disponible tout au long du tournage et Bill Pullman lui a souvent téléphoné pour lui poser des questions. "Cela représente 18 ans de ma vie", confie Deitzler. "C'est plus important à mes yeux que le parcours de ceux qui ont été touchés soit raconté dans le film que ma propre histoire". 

Pullman a apprécié de pouvoir s'entretenir librement avec Deitzler et, s'il a pu obtenir des réponses à ses interrogations concernant l'affaire, il a également mieux cerné son personnage. "Harry est un type raffiné, avec ce côté typique des gens du Sud", remarque Pullman. "Par moments, il lâche une expression … un peu rustique. C'est une familiarité, un truc dont il se sert pour créer du lien avec son interlocuteur et peut-être même susciter une certaine sympathie. Je tenais vraiment à bien restituer ces moments".

Très investis dans le projet, Darlene et Joe Kiger, habitants de Parkersburg, ont parfois eu le sentiment de revivre les événements de cette période douloureuse de leur vie. "Joe ne s'est jamais arrêté depuis le premier jour et je voulais le soutenir", indique Darlene Kiger. "Il a subi deux crises cardiaques importantes et il s'est fait poser dix stents ! Même à l'hôpital, je lui disais : 'Tu as bientôt une interview. Tu veux que j'annule ?' Et il me répondait : 'Hors de question'. Il a vécu ces événements pendant vingt ans, jour et nuit, et je suis extrêmement fière de son courage. C'est toujours difficile de vivre là-bas. Mais on n'a jamais envisagé de quitter la région. C'est chez nous. Et on y restera. Notre ténacité et notre volonté de rester sur place coûte que coûte est un autre motif de fierté". 

D'un air détaché, Joe Kiger reconnaît : "J'imagine qu'on a su révéler les faits et découvert la vérité sur le PFOA. Plus on posait de questions, plus on approfondissait nos connaissances, et plus on se rendait compte que l'affaire était encore plus complexe qu'on ne le pensait. À mon sens, c'est la confiance qui est au cœur de tout. Quand on ouvre un robinet, on s'attend à avoir de l'eau potable. Les gens ont une immense confiance dans les entreprises américaines. À présent, quand on fait couler de l'eau, on doit être prudent. Ça va sans doute pousser les gens à ouvrir les yeux". 

William "Bucky" Bailey a souffert des conséquences des produits fabriqués par DuPont dès sa naissance. Sa mère, Sue Bailey, a continué à travailler à l'usine de Parkersburg pendant sa grossesse et elle était censée nettoyer les cuves utilisées dans la production de PFOA. Bucky est né avec des anomalies congénitales extrêmement proches de celles mises au jour par 3M, l'entreprise qui a mis au point le PFOA, sur des rats en gestation exposés au produit. Tout au long de son existence, il a subi d'innombrables opérations du visage – et il fait d'ailleurs une apparition dans le film. 

"Après avoir lu le scénario et compris les intentions de la production, je me suis presque senti pousser des ailes", note Bailey. "On entend pas mal d'histoires de mères qui deviennent folles parce qu'elles ne se sentent pas armées pour s'occuper d'un enfant difforme. J'en ai conçu un amour encore plus fort pour ma mère. Elle a passé des années à raconter son histoire, à se battre contre DuPont, à ne pas être prise au sérieux et à s'entendre dire qu'elle était une menteuse – je lui suis éternellement reconnaissant".

(Dossier de presse)


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